Vos téléphones envoient déjà des SMS. Que louez-vous exactement ?
La route existe déjà
Prenez le téléphone posé sur votre bureau et envoyez un message à un client. Il arrive. Pas de clé d'API, pas de prix au message, pas de compte à maintenir en règle. Votre opérateur l'a acheminé, sur un forfait que vous payez déjà, souvent sur une enveloppe que vous n'épuisez jamais.
Envoyez maintenant le même message par un fournisseur SMS du cloud. Il arrive aussi, et vous êtes facturé. Quelque part entre les deux, une entreprise s'est insérée dans un chemin qui allait déjà de votre carte SIM au téléphone de votre client.
Parfois cette insertion se justifie. Si vous écrivez vers quarante pays, s'il vous faut un code court, si vous envoyez cent mille messages par heure, un fournisseur fait un vrai travail que vous n'auriez pas envie de refaire. Mais beaucoup d'entreprises ne font rien de tout cela. Elles envoient des confirmations de commande, des rappels de rendez-vous, des codes à usage unique et des avis de livraison, à l'intérieur d'un pays, vers des numéros que leur propre opérateur dessert tous les jours.
Ce qu'est vraiment une passerelle
Une passerelle SMS auto-hébergée est un petit programme placé entre votre logiciel et un téléphone qui vous appartient. Votre application l'appelle en HTTP exactement comme elle appellerait une API du cloud. Elle choisit un de vos téléphones, lui remet le message, et ce téléphone l'envoie comme il enverrait n'importe quel autre SMS.

Rien d'exotique ne s'y produit. Le téléphone n'est pas rooté, il n'est pas l'application de messagerie par défaut, il ne tourne pas sur un Android modifié. Il exécute une application qui tient une connexion vers votre passerelle et envoie ce qu'on lui demande d'envoyer.
Ce qui change, et ce qui ne change pas
Ce qui ne change pas : votre intégration. Vous faites toujours un appel HTTP avec un numéro et un texte, vous recevez toujours un identifiant, vous suivez toujours le statut. Si votre code parle à une API SMS aujourd'hui, il parlera à celle-ci demain.
Ce qui change :
- Le coût du message suivant devient ce que votre opérateur vous facture, c'est-à-dire souvent rien tant que l'enveloppe n'est pas épuisée.
- Les messages cessent de passer par quelqu'un d'autre. Votre application parle à votre passerelle, votre passerelle parle à votre téléphone, votre téléphone parle à votre opérateur. Il n'y a pas de quatrième partie, parce qu'aucun chemin réseau n'y mène.
- L'historique est à vous. Conversations, contacts et journaux tiennent dans un fichier de base de données sur votre machine, que vous pouvez copier, déplacer ou effacer.
Les limites, dites honnêtement
Trois choses qu'un fournisseur cloud fait et qu'un téléphone dans votre bureau ne fait pas.
Le débit. Une carte SIM envoie quelques messages par minute avant qu'un opérateur ne commence à la traiter comme du spam. Ajouter des téléphones et des cartes SIM relève le plafond, et la passerelle répartit la charge entre elles, mais c'est un plafond en centaines par heure, pas en centaines de milliers.
La portée. Écrire vers un pays que votre opérateur dessert mal, c'est payer des tarifs d'itinérance ou ne pas arriver du tout. Un fournisseur qui dispose de dizaines de routes fera mieux.
La disponibilité est devenue la vôtre. Un téléphone à court de batterie ou qui perd le Wi-Fi n'envoie plus, et personne n'est payé pour s'en apercevoir à votre place. La passerelle les surveille et vous prévient, mais le téléphone est sur votre bureau, pas dans un centre de données.
Si ces trois limites ne décrivent pas votre trafic, alors la route que vous louez est une route que vous possédez déjà.